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Des doigts bien vivants
L’anse de Moidrey est parcourue par sept kilomètres de chenaux connectés au Couesnon. Cet aménagement réalisé entre 2011 et 2014 confère au site une vocation hydraulique puisque l’eau qui y est stockée participe au rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
En forme de doigts, ces chenaux ont également une valeur écologique. Le fond est constitué de tangue* et est régulièrement inondé par une eau saumâtre* sous l’influence du barrage de la Caserne.
Dans ces conditions particulières, un étagement de la végétation s’observe entre la vasière et le haut des berges. Les plantes du pré-salé sont les plus régulièrement submergées, tandis qu’une roselière se développe sur les berges envasées. Plus haut, des aulnes et saules s’installent en transition avec la prairie.
Ces habitats diversifiés permettent à de nombreuses espèces de s’installer.
Lexique :
Limicole : qui se nourrit ou vit dans la vase
Paludicole : qui vit dans les milieux palustres, les marais
Saumâtre : caractérisé par un mélange d’eau douce et d’eau salée
Tangue : sédiment marin formé de sables très fins et de débris de coquillages
Images :
Mai : NIDIFICATION (Gorgebleu à miroir {mâle}, Gorgebleu à miroir {femelle}, Roseau commun
Septembre : MIGRATION (Phragmite aquatique, Aster maritime)
Une vasière riche en nourriture (Photo : Petit gravelot)
A chaque remplissage, les chenaux jouent un rôle de nourricerie pour les poissons : de jeunes gobies, mulets et bars viennent s’y alimenter. A marée basse, la vase riche en invertébrés permet aux oiseaux limicoles* de se nourrir. L’un d’entre eux, le petit gravelot, niche occasionnellement sur le site.
Une roselière accueillante (Photo : Phragmite des joncs)
La roselière a progressivement colonisé les chenaux. Le roseau commun domine largement et est accompagné par de belles surfaces d’aster et de scirpe maritime.
C’est l’habitat privilégié par les oiseaux paludicoles* pour se reposer, s’alimenter, nicher.
Contrôler l’embroussaillement (Photo : Arrachage des saules)
A long terme, une roselière évolue naturellement vers un assèchement et des arbustes s’installent.
Pour ralentir cette dynamique et conserver l’intérêt de cet habitat pour les espèces patrimoniales, un entretien périodique est nécessaire.
Photos en bas : Roseau commun - Crocothémis écarlate - Polypogon de Montpellier - Pélodyte ponctué
🇬🇧 ENG
Living fingers
The Anse de Moidrey contains 7kms of water channels connected to the Couesnon. The site was
re-developed between 2011 and 2014 to stock water in a hydraulic capacity as part of the project to restore the maritime character of the Mont-Saint-Michel.
The channels are shaped like hands and also play an important ecological role. The channel beds consist of tangue*, and are regularly flooded with brackish* water controlled by the Couesnon dam.
These unusual conditions have encouraged various plants to grow between the mudflats and higher up the banks. Salt-marsh plants are those most frequently submerged, whereas reed-beds develop on the muddy banks, and birch and willow grow higher up towards the meadows.
These different habitats are home to many species of wildlife.
Glossary :
Wader : feeds or lives in the mudflats
Passerine : lives in damp, marshy areas
Brackish : mix of fresh and seawater
Tangue : marine sediment of fine sand and shells
Images :
May : NEST-BUILDING (Bluethroat (male), Bluethroat (female), Common reed
September : MIGRATION (Aquatic warbler, Sea aster)
Nutrient-rich mudflats (Photo : Little ringed plover)
When full, the channels become a nursery and feeding ground for young fish, mainly gobie, mullet and bass. At low tide, small waders* feed off the invertebrate-rich mudflats; one such, the little ringed plover, often nests on the flats.
Welcoming reed-beds (Photo : Sedge warbler)
Reed-beds have gradually colonised the channels. The common reed is the most prolific alongside large clumps of aster and salt-marsh bulrush.
Passerines* prefer this habitat for resting, feeding and nest-building.
Vegetation control (Photo : Uprooting willows)
Over time a reed-bed will naturally evolve and dry up, and shrubs will take root. Regular maintenance is needed to slow this process down and preserve the habitat for endangered wildlife.
Photos in bottom : Common reed – Scarlet dragonfly – Beardgrass – Common parsley frog